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Mardi 05 Avril

categories Shopping [13h42] Shopping

/images/bottines.pngElle le regarde. Elle regarde sa bouche quand il parle, elle admire ses tempes se contracter. Il est drôle, et ses 2 tours du monde le rendent forcément intéressant. Lui au moins, il ne parle pas pour rien dire, ou pour s'écouter parler. Il a également cette classe de ne jamais rien ramener à lui. Les sujets vont à lui naturellement. Un frisson lui parcours le corps. Elle vibre.

"Tu rentres kan ?"

Céline va se marier dans 6 mois. Elle est dans ses préparatifs. La salle est bookée, le traiteur aussi. Elle est heureuse. Un peu stressée, mais heureuse.

Elle sait que l'homme qu'elle va épouser est un mec bien. Depuis plus de 6 ans qu'ils sont ensemble, il la soutient, la fait rire, et il sait la supporter et gérer ses défauts, et elle fait de même. Ils sont bien. Ils s'aiment.

Mais ce soir, l'homme en face d'elle n'est pas son futur mari. C'est Eric. De 3 ans son cadet, il gravite autour de leur groupe d'amis depuis plusieurs mois maintenant. Elle ne sait pourquoi, elle ne sait comment, mais cette homme la perturbe. Et cela commence de plus en plus à se voir, à faire jaser. Son mari d'ailleurs s'impatiente, elle devait rentrer tôt du travail. Il est déjà 20h.

"Je bois un verre avec Stéf et des amis, ne m'attends pas".

Elle éteint son portable. Son coeur palpite, elle sait que ce qu'elle vient de faire est mal. Mais elle a cette irrésistible envie de jouer avec le feu. De pimenter sa soirée avec un peu d’insouciance.

Assis à une table de ce pub parisien, ils sont 5. Stéphanie est là aussi, son alibi lui permettant d'assurer qu'elle n'a pas menti.

Les échanges de regards deviennent de plus en plus appuyés, elle a chaud.

Les pintes se suivent, et les conversations sont mouvementées, Céline passe une très bonne soirée, elle n'a pas du tout envie de partir. Pourtant, il est l'heure semble-t-il. Ses amis lèvent le camp. Stéphanie lui tend son manteau qu'elle vient de retrouver sous la pile de vêtements. Seul Eric semble vouloir rester seul à sa table. Au moment ou elle s'apprête à lui dire au revoir, il la prend par la main :

- Tu pourrais rester 5 minutes, s'il te plait, j'aimerai te parler d'un truc.

Elle rougit. Elle ne comprend pas. La situation va carrément sembler déplacée dorénavant, elle hésite, elle regarde Stéphanie. Cette dernière lui susurre alors à l'oreille : "Pas de bêtises, hein", puis lui adresse un clin d’œil complice avant de s'éclipser. Son alibi vient de s'envoler.

Elle panique intérieurement, mais tente de garder la face. Elle se rassoit gentillement, avec une fausse décontraction. Elle tente une approche.

- Bah voilà, je t'écoute.

- A quoi tu joues ?, rétorque-t-il.

- De quoi ?

- S'il te plait, on est adulte tous les deux, ne joue pas la surprise avec moi. Tu sais très bien ce qu'il en est, et je n'aime pas ce genre de situation.

- Bah, je ...

Céline, balbutie. Elle ne s'attendait pas à cette attaque en règle. Elle se rend compte que le jeu auquel elle voulait jouer, ne fait plus rire personne. Elle joue carte sur table.

- Je ... Je suis troublé, effectivement.

- Et ?

- Et quoi, c'est tout voilà.

- Non, Céline. Ce n'est pas tout. Je suis fatigué de ce genre de jeux. J'ai bientôt 30 ans, j'ai envie de me poser moi aussi, de trouver une fille bien. Je n'ai pas le courage de flirter pendant des mois avec une fille qui perturbent mes jours et mes nuits, alors qu'elle va se marier dans moins de 6 mois. Donc j'aimerai que tu arrêtes s'il te plait. J'apprécie d'être parmi vous tous, et je ne veux pas m'éloigner à cause de cela.

Céline encaisse. Ses sentiments se bousculent dans son esprit. Un mélange de satisfaction de plaire à un garçon qu'elle admire et de peur que ces petits regards appuyés arrivent à prendre de telles proportions. Touchée, elle se dévoile :

- Peut-être. Effectivement, c'est sans doute égoïste, et dangereux, mais je crois que j'en ai tellement besoin. J'ai besoin de plaire, j'ai besoin de TE plaire. J'ai besoin de séduire, de me prouver que je suis encore vivante, jeune et attirante. J'ai besoin de savoir que si je ne me marierai pas dans 6 mois, je pourrais refaire ma vie. J'ai besoin d'avoir la certitude de ne pas faire un acte désespérée. J'ai besoin de savoir que je me marie parce que j'ai trouvé le bon, et pas parce que j'ai 33 ans et que ça commence à faire. J'ai besoin de me conforter dans l'idée que je ne me soumet à aucune pression sociale, et que je ne cède pas aux appels désespérés de ma mère qui me demande quand je me marie enfin ! Et puis, c'est aussi de ta faute. Tu es une paire de Gucci, lance-t-elle, fière de son effet à venir.

- Une paire de Gucci ?

- Oui, tu es comme une paire de Gucci dans la vitrine. Elles sont belles, tu pourrais te les offrir mais au prix d'un sacrifice trop grand. Alors tu passes tous les jours devant la vitrine pour en profiter autant que tu peux avant qu'une autre vienne les acheter.

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Vendredi 16 Octobre

categories Attends-moi [01h57] Attends-moi

Eric vient de rentrer. Après plus d'un an autour de la Chine. Il a vécu des moments extraordinaires, mais il n'a pas de mots pour les décrire. Il ressasse ces évènements dans sa tête en errant dans son petit appartement parisien. Il lui manque quelque chose.

Tous ces amis et des centaines d'inconnus lui ont démontré à quel point il avait de la chance d'avoir fait ce voyage. Il a vu de l'envie dans les yeux de ces interlocuteurs. Ils ont sans doute raison, mais il lui manque quelque chose.

Il a quitté son taf avant de partir. Il sait qu'il ne devrait pas avoir de grandes difficultés a en retrouver dans son domaine, et avec son expérience. Mais il n'a pas envie malgré ses galères de thunes. Sans doute, parce qu'il lui manque quelque chose.

Il s'en doutait, mais le savoir le détruit. Elle ne l'a pas attendu. Elle a déménagé, partie vivre avec un type à la Rochelle, des projets de mariage apparemment.

18 mois auparavant, il a fait ce choix : "Je pars. Pour nous deux, je ne sais pas ...".

Sa réponse résonne dans sa tête, il ne peut s'en défaire :

- "Tu sais, il y a deux sortes de vie : Les vies heureuses, et les vies qui ont un sens. Je ne t'en veux pas de faire ton choix, ne m'en veux pas de faire le mien ..."

Eric veut repartir. Vite.

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Mardi 22 Septembre

categories Lasse de t'effleurer [00h34] Lasse de t'effleurer

/images/mp3.pngArticle 227-27 du Code pénal :
Les atteintes sexuelles sans violence, contrainte, menace ni surprise sur un mineur âgé de plus de quinze ans et non émancipé par le mariage sont punies de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende lorsqu'elles sont commises par une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions.


Il avait beau le savoir, lu en toutes lettres, ça lui glace le sang. A bientôt 26 ans, Guillaume enseigne au lycée Toulouse-Lautrec. La rentrée n'a pourtant eu lieu que depuis trois semaines et il est complétement perdu.

En fin d'année dernière, il l'avait bien croisée dans les couloirs, cette jolie brune aux yeux verts; mais comme toutes ces jeunes filles fières de leur corps de femme tout neuf, elles n'en restaient pas moins que des enfants à ses yeux.

Cette année, fort de son séjour estival au Québec, il avait décidé d'ajouter une dose de cohésion forte au sein de ses cours. Persuadé que la philosophie ne peut se comprendre uniquement dans les livres ou dans une salle de classe, il organisait des rencontres philosophiques au café du lycée, à deux pas.

La première semaine avait été mitigée. Les élèves étaient mal à l'aise de boire des pintes avec un prof du lycée. Puis les rencontres s'étaient détendues, un noyau dur commençait à se former et à l'écouter avec beaucoup plus d'attention qu'en cours. Il encourageait également les élèves à s'exprimer avec conviction, à interagir entre eux et à le tutoyer. Certains habitués du bar, qui avaient pourtant largement dépassé l'âge d'être au lycée, participaient également aux conversations avec engouement.

Puis, doucement, en filigrane, il commença à en apprendre davantage sur ces élèves, sur leur vie privée, sur leur personnalité, sur leurs échanges. Il apprit au détour de quelques conversations les rapports tendus entre Dorothée et Mickaël qui entretenaient une relation l'année dernière, il su que Damien ne voulait pas rentrer chez lui parce que sa mère allait de toute manière rentrer plus tard que lui, il vit que Tristan sortait systématiquement du bar en titubant. Puis il y avait Géraldine.

Elle ne se tenait jamais bien loin de lui, toujours à porté de regard. Sa voix était douce, mais avec un timbre plein d'assurance. Elle intervenait souvent à bonne escient et lui parlait droit dans les yeux. C'est d'ailleurs ce regard qui avait commencé à devenir pesant, ces grands yeux verts l'envahissaient de plus en plus et il en était de plus en plus mal à l'aise.

Puis il se mit à la regarder. Il se surpris à l'épier lorsqu'elle allait commander au bar, à lui sourire pour un rien, et tout simplement à la voir comme une femme attirante. Ensuite, il eut du mal à trouver le sommeil : toutes ses pensées se concluaient sur son visage, sur ses formes ou sur son parfum.

Durant les jours qui suivirent, il feinta l'ignorance et tenta de sauver les apparences, mais rien ne se passa comme prévu. En réalité, plus il essayait d'agir normalement, plus elle l'attirait et plus il perdait ses moyens. Au fond de lui, une force insurmontable souhaitait qu'elle sache l'effet qu'elle avait sur lui : Des mains qui s'effleurent, des sourires gênés, des regards appuyés, et autant de signes qui s'accumulèrent, sans jamais dépasser la ligne jaune. Jusqu'à hier soir.

La fin d'après-midi avait débuté comme prévu. Il avait rejoint une poignée d'élèves au bar et il avait prévu d'aborder aujourd'hui un des sujets du bac de l'année dernière : "Est-il absurde de désirer l'impossible ?". Elle était là. Il s'assit à coté d'elle et présenta le sujet. Au bout d'une heure, elle s'approcha de lui, et lui glissa à l'oreille : "Est-il absurde de désirer son enseignant ?".

Il sourit. Il ne trouva aucune répartie à rétorquer. Alors qu'il aurait habituellement balayé d'un revers de main cette avance déplacée, il était paralysé. Il savait qu'elle avait compris son malaise à son petit sourire de fierté qu'elle abordait. Cette messe basse n'avait pas échappé aux autres élèves, tout comme le petit jeu de ces dernières semaines qui alimentait les rumeurs. Quelques railleries fusèrent. Il sut les faire taire avec brio et lança efficacement un nouveau débat.

Puis vint la fin de soirée. Il avait un peu forcé sur les dernières pintes, et le bar commençait à se vider. Géraldine était toujours là avec quelques élèves, comme si elle attendait que quelque chose se passe. Pris d'un éclair de lucidité, il sût qu'il fallait mettre les choses au clair, il prépara son discours manichéen dans sa tête et lui proposa de la raccompagner. Cela alimenterait encore un peu plus les rumeurs, mais "c'est un mal pour un bien", se dit-il.

En chemin, il se jeta à l'eau :

- Tu sais que ça ne va nous mener nul part ce petit jeu ?

- Je sais, mais c'est plus fort que moi. Je n'en peux plus, je n'imagine pas continuer ainsi.

- Mais tu es mineure, je peux perdre ma place et bien plus encore !

- Oui, mais je te plais non ?

Elle observait avec attention sa réaction. Il s'arrêta net comme pour donner de la solennité à l'instant. L'éclairage urbain donnait un reflet extraordinaire à son visage. Elle était belle. Avant qu'il ne puisse comprendre comment, son discours s'envola dans les méandres de son esprit, et ses lèvres étaient posées sur les siennes. Son parfum l'envouta, il glissa ses mains sur ses hanches et profita de ces quelques secondes comme d'un moment rare qu'il devait mémoriser sans s'attarder.

- Il vaut mieux en rester là.

- Non attends ... tu écoutera ça, la première, lui dit-elle en lui glissant son lecteur MP3 dans la poche.

Il s'éloigna, puis l'observa rentrer chez elle.

Il n'a pas trouvé le sommeil cette nuit. Depuis plusieurs heures maintenant il repasse en boucle cette chanson, sans trouver de solution mais avec une irrésistible envie de goûter à l'interdit.



Et maintenant ?

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Dimanche 20 Septembre

categories Les fruits de mer du bar PMU [19h42] Les fruits de mer du bar PMU

/images/etoilemer.pngLes années ont passé. Romain et François discutent au bar comme tous les mardis soirs après leur squash. Célibataires bientôt trentenaires, ils aiment se moquer de leur entourage avec machisme et mauvaise foie.

- Et là, elle me sort : "Si t'es aussi con pour ...

François s'arrête net. Tel un jeu, avec un léger rictus il fixe du regard quelque chose derrière l'épaule de Romain. Ce dernier se retourne et, sans surprise, croise le joli fessier d'une belle jeune femme, dont la démarche ne laisse aucun doute sur sa certitude d'être détaillée par tous les regards masculins de la terrasse.

- Laisse tomber, c'est une étoile de mer.

- Une étoile de mer ? Qu'est ce que c'est encore que cette connerie ?

- C'est le principal défaut des filles trop belles.

Romain détaille alors sa théorie. Fort de son expérience, il s'est rendu compte à quel point ces filles si certaines de leur pouvoir de séduction et de leur aura ne ressentent pas la nécessité de faire des efforts.

- Sérieusement, ça a souvent été mes pires coups ! Et depuis, je les surnomme les étoiles de mer pour illustrer leur passivité au pieu.

- Mouais, je suis sceptique. J'ai quand même croisé de belles plantes loin d'être ennuyeuse de ce coté là.

- Tu dis ça parce que t'as jamais essayé la coquille Saint-Jacques !

- Mon Dieu.

- Sans déconner, en soirée, mieux vaut viser la faire valoir complexée, que l'icône des magazines ; tu auras d'avantage de chance de passer un bon moment. Ces filles sans strass ni paillettes ont toujours besoin d'en faire des tonnes pour attirer l'attention et savent faire les efforts qu'il faut, crois moi !

- Alors là, je t'arrêtes, j'ai passé mes pires soirées avec des filles vraiment pas terribles et pas sûres d'elle.

- Ça c'est parce que tu confonds une coquille Saint-Jacques et un bigorneau.

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Samedi 27 Décembre

categories Un instant anodin [23h14] Un instant anodin

/images/cacahuetes.jpgElle l'observait, adossé contre le mur, à quelques mètres d'elle, en train d'avaler machinalement quelques cacahuètes pour accompagner la bière bon marché qu'il tenait dans l'autre main.

- Noémie ? T'en penses quoi ?

Merde, elle s'était pourtant juré de feinter l'intérêt envers son chef de service.

- Heu ... Non, mais sur le principe je suis d'accord, tenta-t-elle par réflexe en essayant de faire le lien avec la dernière phrase qu'elle avait écoutée.

- Tu vois, on est tous d'accord : Hugues a fait une connerie en acceptant la fusion des équipes. On va dans le mur pour boucler notre budget.

Elle avait acquiescé, son abruti de chef pouvait continuer son monologue en pensant captiver l'assistance. Franchement, hormis le petit nouveau qui buvait ses paroles comme dans un rite initiatique, elle ne voyait pas qui, parmi les 4 personnes autour d'eux, pouvait encore trouver de l'intérêt dans son raisonnement. C'est tout de même dingue qu'il ne leur foute même pas la paix durant les rares moments de détente entre collègues qu'offrent ces pots de fin de journée. Alors ok, le pot d'arrivée de Stéphanie, la dernière du service comptabilité, est un peu léger : Bières 1er prix, cacahuètes, et quelques jus de fruit; mais qu'il saisisse au moins le prétexte pour leur parler d'autres choses que de ces conneries de budget qui n'intéressent que lui.

Noémie s'éloigna pour se rapprocher du vrai objectif de la soirée : Jean-Marc. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, ce type travaillait dans la même boite qu'elle depuis plus d'un an, elle ne l'avait pourtant remarqué que depuis la semaine dernière : Ils avaient pris l'ascenseur ensemble, échangés 2 mots, mais elle avait senti un malaise qui l'avait poursuivi depuis. Il n'y avait absolument rien de rationnel là dedans, il était l'antithèse de son type d'homme, il était plus âgé qu'elle (enfin elle en avait l'impression), et surtout elle s'était promis de s'éloigner de ses collègues selon le bon vieil adage : Amour et travail ne font pas bon ménage.

Et pourtant, elle était attirée par lui d'une manière complètement incontrôlée. Elle ne savait rien de lui, pire encore, elle avait une quasi-certitude qu'un homme comme lui ne pouvait pas vivre seul. Mais peu importe, elle ne pouvait se résoudre à l'ignorer et à ne pas saisir l'opportunité rare qu'offrait ce bizutage d'arrivée dans le monde professionnel de Stéphanie. Elle s'était même surprise à rechercher la page Facebook de Jean-Marc, mais sans succès, elle allait donc devoir improviser pour amorcer son approche.

Bingo, ce cher Xavier, son co-bureau, est maintenant tout proche de lui, elle a donc une raison presque valable pour se rapprocher de ce petit groupe agglutiné autour du bol de cacahuètes. Elle y est. Elle sourit. Elle se sent ridicule. Elle pense que tout le monde sait pourquoi elle est là. Ca y est, il l'a vu. Aucune réaction. Elle est dingue. Elle se sent possédée par une volonté qui n'est pas la sienne, elle a une boule dans le ventre.

Plus elle reste là, plus elle se sent ridicule. Elle n'arrive plus à stopper le cheminement de ses pensées. Xavier s'éloigne, elle reste, alors qu'elle ne connait dorénavant plus personne autour d'elle. Putain, et voilà maintenant qu'elle se retrouve tout proche de lui, elle arrive même à sentir son odeur. Son odeur bordel. Son parfum l'envoute de plus bel, il sent super bon. Ce n'est pas possible, il faut qu'elle tente quelque chose. Elle tente de se concentrer pour écouter les conversations. Le sujet tourne autour de la crise financière, pas terrible, mais elle peut s'en sortir. Elle prépare une phrase super constructive, qui va dans le sens de la dernière intervention de Jean-Marc. Elle se lance :

- Non, mais moi je pense que ...

- Bon, moi j'y vais, ma femme m’attend. Bonne soirée.

- Bonne soirée ...

Jean-Marc venait de lui glacer le sang, elle feinta le sourire le plus faux qu'elle pouvait réaliser, finit sa phrase, puis rentra chez elle. Elle se rassura en pensant que personne ne saura jamais comment cet instant d'une banalité affligeante pouvait avoir eu une telle intensité pour elle.

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Mercredi 30 Avril

categories Inégalité implicite. [21h50] Inégalité implicite.

/images/menage.pngMichel est heureux. En couple depuis bientôt 3 ans, il a quelques fois du mal à réaliser le chemin parcouru ces derniers années.

Le temps où il tentait de construire une vie seule, ayant perdu l'espoir de rencontrer quelqu'un pour construire un bout de vie, lui semble maintenant très loin. La chance lui a souri un matin de Mai 2005 en plaçant sur son chemin ce petit bout de femme dont il promettra dans quelques mois de chérir jusqu'à que la mort les sépare.

Il y a quelques jours, il a même remplit son profil "copains d'avant". Il a avec fierté coché la case "Ma vie est plus réussie que je l'imaginais", telle une revanche sur sa scolarité chaotique, et un message envers ses anciens amis de collège qu'il ne voyait plus.

Ses débuts de vie de couple n'avaient pourtant pas été simples. Il n'avait pas d'expérience dans le domaine et personne ne l'avait réellement prévenu. Il avait dû apprendre à faire des concessions, à écouter et à prendre en considération un autre avis que le sien. Ses quelques années de vie célibataire lui avaient donné, semble-t-il, de biens mauvaises habitudes.

Néanmoins, dans la continuité de l'éducation qu'il avait reçu, il restait un aspect de la vie de couple qu'il mettait un point d'honneur à respecter : Le partage des tâches ménagères. Il voulait faire partie de ces couples modèles du 21ème siècle où la tenue de la maison, et l'éducation des enfants sont équitablement répartis entre le père et la mère. Il n'avait pas encore d'enfant, mais il participait à part égal dans la préparation des repas, les lessives, le repassage, le ménage et les courses.

Fin observateur, il constatait cependant le comportement étrange d'Amélie lorsqu'il s'agissait de s'activer avant de recevoir ses parents à déjeuner : Elle était angoissée, et elle ne sollicitait son aide que rarement. Il essayait de se rendre utile, mais tout tentative s'avérait infructueuse, car elle repassait derrière en râlant. Seuls les repas lui étaient autorisés, mais avec un certain nombre de directives.

Il était évident qu'elle se mettait une pression démesurée sur ces visites. Mais en y réfléchissant, malgré l'égalité des sexes acquise, il se demandait si la mère d'Amélie n'allait pas juger d'avantage sa fille que lui-même au travers de la propreté de cette maison. De la même manière qu'il avait le droit à une réflexion pour toute erreur de bricolage ou de voiture.

"Les carquants culturels de la discrimination sexuelle ont encore de beaux jours devant eux." pensa-t-il en rangeant le manteau de sa future belle mère dans la penderie.

De son côté, Amélie voyait les choses différemment. Elle avait clairement l'impression de dépenser beaucoup plus d'énergie que son conjoint dans les tâches ménagères. A chaque fois qu'elle sollicitait son aide, elle avait le droit à un "Oui, oui, j'arrive" très motivé, mais très peu suivi d'effet : Une heure après la demande, Michel semblait toujours aussi inspiré par le contenu de son écran.

Le plus souvent, pour ne pas passer pour la mégère de service, elle préférait faire par elle-même plutôt que de redemander une seconde fois. Cette stratégie avait en plus l'avantage de la placer en victime afin d'obtenir d'autres faveurs dans la journée...

La seule tâche qui semblait toutefois motiver Michel était la préparation des repas. Mais attention, pas n'importe quand. Elle avait la plupart du temps en charge l'alimentation du quotidien, la plus pesante, celle du soir en rentrant du boulot où les frigos sont à moitié vide. Michel lui mettait un point d'honneur à se rendre utile lors de repas d'importance, ceux où ils invitaient du monde à la maison.

Il mettait alors le grand soin dans la préparation des ingrédients et dans le choix de la recette dans le grand livre de cuisine que lui avait offert sa mère. Il servait le vin le plus adapté, et il hochait modestement la tête lorsque les convives lui faisaient des compliments enjoués. C'est uniquement dans ce cadre valorisant et dans lequel il avait des modèles d'hommes grand cuisinier auxquels s'identifier, qu'il s'autorisait une telle motivation dans les tâches ménagères.

"Les carquants culturels de la discrimination sexuelle ont encore de beaux jours devant eux", pensait en silence Amélie.

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Jeudi 30 Août

categories Même sans odeur [20h28] Même sans odeur

/images/oreiller.pngJe pense avoir de vagues notions en électromagnétisme et en physique en générale. Cette science me permet d'obtenir une explication plus ou moins rationnelle à la majorité des évènements constatés au quotidien.

Un mystère persiste cependant, j'ai beau essayer de l'empêcher lorsque j'en ai l'occasion, d'en modifier tout du moins un peu le comportement, rien n'y fait :

"La place de l'autre dans le lit, le matin au réveil, émet une attirance irrésistible une fois vide, contre laquelle il est impossible de résister lorsqu'on est plongé dans un demi sommeil."

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Lundi 02 Avril

categories A la recherche de la cinquième roue du carrosse. [21h05] A la recherche de la cinquième roue du carrosse.

/images/jonglage.jpgAmour, travail, famille, amitié. Quoi que je fasse je ne peux pas réussir en parallèle sur tous les tableaux à la fois. Dans la grande naïveté qui me caractérise, je pensais pouvoir allier tous ces éléments dans une harmonie parfaite, je m'aperçois à quel point il est difficile de maintenir cette émulsion instable.

Ces quatre valeurs ne sont pourtant pas sur un pied d'égalité dans la mentalité de notre société. En effet, le travail étant la valeur la moins humaine, il est acquis que s'y investir à outrance est très mal perçu par la morale collective. Pourtant comment négliger plus de 8 heures par jour de notre quotidien ? Comment passer à coté de cette source de valorisation financière et humaine ? Mépriser son travail équivaut à mépriser la plus grande partie de ses journées, ce qui devient particulièrement malsain..

Evidemment, il faut parfois s'accrocher à ses valeurs, ravaler ses illusions, et lutter contre la tentation d'établir des relations saines dans ce panier de crabe que constitue l'entreprise. Et pourtant, j'essaye, sans doute avec un masochisme certain, d'extraire le meilleur de ces relations particulières, même si elles se terminent le plus souvent à mes dépends.

Quant à l'amitié, je ne peux concevoir ce que serait ma vie sans cette bouffée d'oxygène qui a participé en grande partie à la construction de mes convictions, de mon caractère et de ma personnalité. Du meilleur de mon adolescence, aux nuits passées à refaire le monde, j'y ai laissé mes plus grands fous rires et élaboré mes plus grands rêves l'espace d'une soirée.

De l'amitié à l'amour il n'y a parfois qu'un pas, mais d'amour nous en recherchons qu'un. Cette quête du Graal, qui me fascine tant, revêt le plus souvent les habits de la priorité absolue parmi les quatre préceptes mis ici en avant. Pour certains, il s'agit d'une simple expression de nos gênes primitifs de reproduction, pour d'autres, cela apparait comme l'aboutissement de l'existence humaine. Pourtant, quelle énergie dépensée au travers de cette recherche de l'autre et de la construction d'un projet commun ! Quels stratagèmes et réflexions engagées dans ce seul but !

Je resterais sans doute encore longtemps fasciné par les tenants et les aboutissements de cette lutte acharnée qu'est l'amour et la séduction. Sur cette recherche de la certitude absolue de faire les bons choix, alors que l'incertitude n'est plus que jamais de rigueur dans ce domaine.

Enfin, la famille, car tout commence et tout se termine sur cette dernière valeur souvent négligée, mais toujours retrouvée. Cette certitude qui pousse vers l'ingratitude afin de voler vers d'autres incertitudes. Celle où l'on peut se retrouver pour oublier tout le reste et ne garder que l'essentiel.

Je jongle à quatre balles pour constater, en fin de compte, la très bonne stabilité du trépied.

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Samedi 24 Février

categories 3 semaines et une nouvelle vie... [13h18] 3 semaines et une nouvelle vie...

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Vendredi 05 Janvier

categories Les blogs sont morts, vive le blog [20h59] Les blogs sont morts, vive le blog

/images/blogosphere.pngAprès Flaoua et Vinvin (et d'autres ici et ), je continue à ma manière ces réflexions de vieux cons du blog qui étaient là avant.

Effectivement, tout a changé. De cette communauté clairsemée de fin 2003, on est passé au média de masse (ou presque). Evidemment c'est rageant d'être maintenant noyé dans la foule, de n'être plus qu'une petite tête d'épingle dans une grange de foin.

Oui mais voilà, même si l'égo ne retrouve pas la singularité de sa création des débuts, d'autres choses s'installent qui m'empêchent de fermer. Cet espace d'expression fait dorénavant partie de moi, et je sais que je ne pourrais me résoudre à le fermer de si tôt, même si tout comme Trem_r et Flaoua, la régularité n'est plus là.

Le vraie question est surtout l'avenir des blogs. Celle que tous ces vieux blogueurs cherchent, tous les "technophiles, les développeurs, les alertés, les computodépendants [...], les méga geeks, les Embruns and Co, les cyberconnectés depuis l’aube des temps, les admirateurs de Tron et de Wargames" si bien décris par Vinvin, se cherchent en misant sur la prochaine cyber-révolution.

Tous ces gens pensent avoir une longueur d'avance sur Internet, ils en connaissent les mécanismes, l'histoire, et surtout ils étaient là -avant-. Tous ces éléments leur donnent, pensent-y, une légitimité pour être de nouveau les pionniers dans le futur évènement du Web de demain.

Personnellement, je pense que la spécialisation des blogs, qui a déjà commencée, sera certainement la prochaine étape à court terme. Les BD-Blogs tirent très bien leur épingle du jeu. L'instantanéité d'un dessin touchera toujours un public beaucoup plus large sur Internet que le plus beau des textes. S'en suivent les blogs thématiques qui se spécialiseront pour ne plus toucher qu'une petite partie d'initiés à un domaine précis.

Mais à moyen et long terme, quid de la prochaine évolution du web, dans quelle direction, avec quels précurseurs, dans combien de temps ? Que la grande valse des bonnes idées commence, et bonne année.

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